
Voici un livre qui a marqué ma formation d’enseignant Montessori il y a quelques années. Pendant cette période intensive de plusieurs mois, j’ai eu le privilège de lire plusieurs ouvrages de Maria Montessori, plusieurs qui seront probablement discutés sur ce blog lors de mes relectures éventuelles.
The Absorbent Mind, qu’on pourrait traduire simplement par L’Esprit Absorbant, est un ouvrage que Montessori a écrit tard dans sa vie, en 1949. Dans celui-ci, elle fait l’éloge de l’enfant, et plus particulièrement de l’enfant jusqu’à l’âge de six ans. Ce n’est pas surprenant pour quiconque est un tant soit peu familier avec la pédagogie Montessori.
Elle met de l’avant l’importance de cette période où l’enfant enregistre et absorbe son environnement telle une éponge, un talent qui n’est malheureusement plus à notre portée, pauvres adultes que nous sommes. Durant cette période critique, non seulement l’enfant apprend à parler parfaitement une ou plusieurs langues, mais il développe également sa personnalité, ses valeurs et intègre la culture de son milieu.
The child has a type of mind that absorbs knowledge and instructs himself.
Ce « pouvoir » propre à l’enfant est d’une importance capitale pour construire l’homme ou la femme qu’il deviendra plus tard. C’est pour cette raison que Montessori a bâti sa philosophie et sa pédagogie, d’abord et avant tout, pour les enfants de cet âge. Pour elle, il est absolument vital non seulement de prendre soin de ces humains en construction, mais de faire tout en notre pouvoir pour leur permettre d’atteindre leur potentiel.
C’est là que l’enseignant-e Montessori (et le parent, quoique ce n’est pas le sujet de cet ouvrage) entre en jeu. Notre rôle en tant qu’adulte est de préparer l’environnement de l’enfant afin qu’il puisse s’accomplir et s’épanouir. Elle indique que l’enfant est poussé par un élan vital, appelé Horme, et que nous devons suivre. Comme elle le dit, l’adulte ne peut pas imposer sa volonté sur l’enfant ; son rôle est de suivre l’enfant.
What we can do is merely to remove the obstacles so that the mysterious being that each individual is to realize can be achieved, because by removing those obstacles, the work can be done better.
Bien que ce soit un ouvrage relativement court, entre 250 et 300 pages selon l’édition choisie, c’est un livre particulièrement dense, à l’image de tout ce qu’elle a écrit et que j’ai eu l’occasion de lire. Il est toutefois important de comprendre le contexte dans lequel il a été écrit. Montessori est une femme de science, certes, mais elle est également chrétienne. Pour elle, et pour moi, ces deux visions ne sont pas du tout opposées, mais se complètent pour offrir un meilleur portrait de l’enfant et de l’humanité. Il faut également indiquer l’époque où ce livre a été écrit, puisque quelques termes ne sont plus d’usage commun aujourd’hui. L’autre petit détail qui m’a fait sourire, en tant qu’homme qui enseigne dans une école Montessori, est l’utilisation exclusive du féminin lorsqu’il est question de l’enseignante. C’est un produit de l’époque, quoique même aujourd’hui la vaste majorité des enseignants – primaire ou préscolaire – sont des femmes.
Je pense que tous les enseignants, Montessori ou non, ainsi que tous les parents, gagneraient à consulter ce livre. Certains chapitres sont moins pertinents pour le commun des mortels et pourraient être sautés. D’autres, cependant, sont incontournables et témoignent du génie de Maria Montessori.
If salvation and help are to come, it is through the child ; for the child is the constructor of man.